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Phaenix, Tome 1, Les cendres de l’oubli, Carina Rozenfeld

Titre: Les cendres de l’oubli
Saga: Phaenix
Nº du tome: 1
Auteur: Carina Rozenfeld
Date de sortie: 06/09/2012
Éditeur: Collection R
Genre: Young Adult
Pour qui: À partir de 15 ans
Pour commander (Amazon) : ici

Résumé:

Elle a 18 ans, il en a 20. À eux deux ils forment le Phænix, l’oiseau mythique qui renaît de ses cendres. Mais avant de le devenir, ils devront se retrouver et s’unir dans un amour pur et éternel…

Depuis l’origine du monde, le Phænix meurt et renaît perpétuellement de ses cendres. L’être fabuleux est constitué de deux âmes sœurs. À chacune de ses résurrections, ses deux moitiés doivent se retrouver et s’aimer pour reformer l’oiseau légendaire. Car lui seul a le pouvoir d’éloigner les menaces qui pèsent sur l’humanité. Malheureusement, les deux amants ont été séparés et l’oubli de leurs vies antérieures les empêche d’être réunis… Aujourd’hui, dans le Sud de la France. Anaïa a bientôt dix-huit ans. Elle a déménagé en Provence avec ses parents et y commence sa première année d’université. Passionnée de musique et de théâtre, Anaïa mène une existence normale. Jusqu’à cette étrange série de rêves troublants dans lesquels un jeune homme lui parle et cette mystérieuse apparition de grains de beauté au creux de sa main gauche. Plus étrange encore : deux garçons se comportent comme s’ils la connaissaient depuis toujours… Bouleversée par ces événements, Anaïa devra démêler le vrai du faux, comprendre qui elle est vraiment et qui saura la compléter. Elle devra souffler sur les braises mourantes de sa mémoire millénaire pour redevenir elle-même. S’ouvriront alors les portes d’une nouvelle réalité dans laquelle amour et fantastique sont étroitement liés.

L’avis de Méli : 7/10

Anaïa a quitté Paris et ses amis pour suivre ses parents dans le sud de la France, dans la propriété familiale qu’elle retrouvait chaque été lors de son enfance. A bientôt 18 ans, elle entre cette année en première année de licence en littérature et arts du spectacle. Lors de son premier jour à l’université, son stress est bien vite calmé lorsqu’elle découvre que son amie d’enfance, Garance, suivra les mêmes cours qu’elle ! Anaïa doit s’habituer à sa nouvelle vie et à ses nouveaux amis mais également faire face à un cauchemar récurrent et troublant qui la laisse chaque fois pantelante et désorientée. Eidan et Enry, deux garçons de sa promotion, semblent en savoir plus qu’ils ne veulent bien l’avouer, sur les cauchemars de la demoiselle et sur ces grains de beauté qui se multiplient au creux de sa main… Que savent-ils exactement ? Et qui sont-ils ?

Phaenix nous plonge dans une histoire pleine de mystères où les questions se bousculent, où le suspense est bien présent et où les réponses sont divulguées au compte-gouttes ! L’héroïne fait le même rêve étrange, de plus en plus long et détaillé au fil des nuits, remarque l’apparition de grains de beauté suspects dans la paume de sa main gauche et fait des rencontres intrigantes dans sa nouvelle université. Carina Rozenfeld prend son temps pour poser les bases de son intrigue et amène le suspense en douceur. J’ai apprécié le rythme lent au départ puis les questions qui apparaissent et forcent le lecteur à dévorer les pages pour y trouver des réponses.

Malgré tout, un élément m’a paru complètement évident et ne m’a donc aucunement surprise. Ce qui m’a surprise et carrément agacée, autant l’avouer, c’est que l’héroïne soit complètement aveugle, à ce sujet. C’est tellement évident et prévisible que je n’ai pas pu m’empêcher de la traiter de grosse gourdasse.

Et c’est dommage, parce qu’au début, Anaïa me plaisait beaucoup. Musicienne (elle joue du violoncelle à la perfection), passionnée par les arts et la littérature (elle entre en première année de licence dans ces filières et suit des cours de théâtre) et rousse aux longs cheveux bouclés, elle incarnait presque l’héroïne parfaite à mon goût. D’un caractère plutôt agréable, en plus, j’ai été très déçue par ses réactions et comportements dans la dernière partie. Jeune et naïve, je veux bien ; mais à ce point ? C’était EVIDENT que machin était le méchant et truc le gentil… mais non, cette grosse nouille tombe dans le panneau et évidemment, elle ne le réalise que trop tard et s’en mord les doigts (et le lecteur aussi, puisqu’il faut attendre le deuxième tome pour avoir la suite !). Je sais qu’une personne extérieure (ici le lecteur) a plus de recul et donc une meilleure vision de la situation mais quand même… qu’elle ne comprenne pas les choses, ça me paraît un peu trop gros. Alors véritable volonté de l’auteure ou maladresse dans la construction de la personnalité de son héroïne ? Je ne sais pas, mais à mon goût, les réactions d’Anaïa dans la dernière partie, ne sont pas cohérentes avec le reste.

La demoiselle est entourée, pour sa nouvelle année dans le sud de la France, de nouveaux amis qui m’ont plus ou moins convaincue. Garance, l’ancienne copine de vacances, même si elle n’a qu’un rôle secondaire, m’a semblé pertinente et « vraisemblable ». Eidan, malgré son côté un peu stéréotypé (brun, cheveux un peu longs, musicien, renfermé et mystérieux…) a su me séduire assez pour que je sois touchée par son destin et ai envie d’en savoir davantage sur lui. En revanche, Enry (le grand blond scandinave surnommé Thor par l’héroïne), je n’y ai jamais cru ! Trop caricatural, j’ai senti à des kilomètres de quoi il retournait ; dommage !

Côté personnages, une autre chose m’a chagrinée : le choix de leur prénom. Vous connaissez des Anaïa, Eidan, Enry ou même Garance et Yvan (ok, ces deux-là, ça va encore… quoique, pour des jeunes de 18/20 ans ?) ? Moi non. On est en France, je vous rappelle. Alors oui, il s’agit d’une fiction et d’un titre imaginaire, qui plus est ; mais il s’agit également d’une histoire ancrée dans le réel, dans notre France contemporaine… alors autant être crédible et cohérent jusqu’au bout, non ? Ce n’est qu’un détail, certes, mais personnellement, ça me saute aux yeux !

Carina Rozenfeld a choisi d’utiliser le point de vue interne (le « je ») pour nous conter son histoire. Le lecteur est donc dans la tête d’Anaïa du début à la fin et démêle les mystères en même temps qu’elle (même si j’ose espérer que toi, lecteur, tu es moins neuneu que la demoiselle au sujet de certaines évidences…). Ce choix permet de se sentir plus proche de l’héroïne et de conserver un certain suspense. De plus, je suis heureuse que l’auteure ait décidé d’employer les temps « normaux » du récit (c’est-à-dire le passé simple et l’imparfait, et ouais !), à part pour la retranscription des rêves d’Anaïa (au présent) ; c’est quand même beaucoup plus agréable à lire !

J’ai cru comprendre que Carina Rozenfeld est musicienne de formation et elle nous fait profiter de ses goûts en citant de nombreux groupes et chansons, et parfois en incluant certains couplets et refrains (avec la traduction) dans son texte. Si vous le souhaitez, vous pouvez même aller écouter les playlists conçues exprès pour vous sur Deezer ou Spotify (il faut flasher les codes-barres présents au début de l’ouvrage). L’auteure continue dans cette veine « moderne » en incluant, à chaque fin de chapitre, les conversations qu’Anaïa entretient sur Facebook. Autant dire que ce roman est très actuel, très ancré dans notre société contemporaine (d’où ma surprise en ce qui concerne le choix des prénoms, je me répète !), tout en incluant des faits « extraordinaires » tout juste ébauchés pour le moment, mais qui promettent, je pense, quelques belles révélations dans le tome suivant.

Vous le voyez, j’ai relevé quelques points maladroits ou qui m’ont déçue (surtout en fin d’ouvrage en fait), mais j’ai tout de même pris du plaisir à cette lecture que j’ai dévorée en seulement deux jours tant j’avais envie de recevoir les réponses à mes questions ! Le vrai point positif de ce premier tome, c’est bien le rythme et le suspense qui en découle !

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