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Night Room, Peter Straub

1703 - Night Room_orgTitre : Night Room
Titre en VO : In the Night Room
Auteur : Peter Straub
Date de sortie : 15 mars 2017
Éditeur : Bragelonne
Genre : Fantastique
Pour qui : Adulte

4e de couverture :
Peut-on mourir de son imagination ?
Willy Patrick, célèbre auteur du roman jeunesse maintes fois récompensé Le Cabinet noir, est en train de perdre l’esprit. Une fois de plus. Irrésistiblement attirée dans un parking désert, elle a la conviction que sa fille Holly y est retenue prisonnière. Or, Holly est morte.
Le même jour, l’écrivain Timothy Underhill, qui tente depuis des mois de terminer un roman sur une jeune femme en perdition, est confronté au fantôme de sa sœur de neuf ans, April. Il commence à recevoir des emails incomplets et angoissants de personnes issues de son passé – toutes décédées depuis bien longtemps.
Lorsque Willy et Timothy se rencontrent, les inquiétantes ressemblances entre le deuil tragique de Willy et l’histoire du manuscrit de Timothy vont les conduire à unir leurs forces contre les ombres qui les entourent… avant que celles-ci ne se referment sur leur raison.

L’avis de Lilysatis : 7,5/10

C’est l’histoire de deux personnages. Deux âmes brisées qui tentent de se reconstruire par l’écriture. Deux destins foudroyés et similaires. Trop similaires.

Willy a perdu sa fille et son mari, assassinés. Timothy a perdu sa sœur et beaucoup plus tard son neveu, assassinés eux aussi. Elle écrit des romans pour la jeunesse, dont les héros ressemblent à si méprendre à Holly, son enfant. Timothy écrit des romans noirs, dont l’héroïne ressemble à s’y méprendre à Willy.

Quand les deux protagonistes se rencontrent, aucun des deux ne comprend ce qui les attend réellement.

C’est cette rencontre qui a marqué le plus ma lecture. Les chapitres étaient au départ consacrés à chacun des deux personnages, sans que l’un n’apparaisse dans l’histoire de l’autre. Quand l’auteur décide de les réunir, j’avoue avoir été bluffée. À aucun moment je n’ai songé à ce retournement de situation. Comme j’ai eu la chance de découvrir cela par moi-même, je ne compte pas en dire davantage sur l’histoire dans ma chronique…

Les personnages sont extrêmement fouillés et réels. Certaines réflexions sur le métier d’auteur et l’environnement général des artistes étaient très vraies. Willy a cette fausse fragilité qui donne envie de la protéger jusqu’à ce qu’elle nous montre qu’elle est parfaitement capable de le faire toute seule. Timothy est un être un peu antipathique, qui voit son monde et les barrières de son art s’effriter.

Le roman n’est pas angoissant, mais il maintient une certaine gêne. D’abord avec les emails que reçoit Timothy, puis la rencontre avec Jasper, et également avec la situation générale de Willy. Ce n’est pas un monde facile ni agréable. Une menace pèse dès les premières pages, et on ne sait rien d’elle pendant un long moment qui fait doucement monter la pression. Ce long moment est la raison de ma note, car si j’ai beaucoup aimé où l’auteur nous menait, j’ai trouvé parfois le temps long avec beaucoup trop de répétitions et d’instants contemplatifs.

Peter Straub sait en tout cas mener son lecteur dans une ambiance sombre où tout se mélange parfois. Son écriture est habile, et pose tout un tas de questions.

« Night Room » est globalement un bon roman, avec une intrigue recherchée et surprenante. Je vous conseille de ne pas lire les critiques avant de l’entamer, vous risqueriez de vous gâcher la surprise !

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