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Meg Corbyn, Tome 1, Lettres Écarlates, Anne Bishop

CVT_Meg-Corbyn-tome-1--Lettres-ecarlates_2993Titre : Lettres Écarlates
Titre en V.O :  The Others, Tome 1 : Written in Red
Saga : Meg Corbyn
N° du tome : 1
Auteur : Anne Bishop
Date de sortie : 18/04/14
Editeur : Bragelonne
Genre : Urban-Fantasy, Bit-lit
Pour qui : Tout public
Pour commander : Format Relié Format Kindle

Résumé :

Meg Corbyn est une cassandra sangue, une prophétesse du sang, capable de prédire l’avenir lorsqu’elle s’incise la peau. Une malédiction qui lui a valu d’être traitée comme de la viande par des hommes sans scrupules prêts à la taillader pour s’enrichir. Mais aussi un don qui lui a permis de s’échapper et va la pousser à chercher refuge chez les Autres. Là où les lois humaines ne s’appliquent pas. Même si elle sait, grâce à cette vision, que Simon Wolfgard causera également sa perte. Car si le chef des loups est d’abord intrigué par cette humaine intrépide, peu de choses la séparent d’une simple proie à ses yeux…

Note moyenne : 9 / 10

L’Avis de LLyza : 9 / 10

It’ s a trap ! J’ai tout laissé en plan et je l’ai dévoré ce tome 1 ! J’ai été sous le charme dès la première page. C’est un projet assez atypique, j’ai du mal à le relier à d’autres livres dans le même genre, c’est bien un urban fantasy mais il arrive à aller au-delà. Je pensais avoir affaire à un habituel ‘bit-lit’ avec une héroïne pour narratrice et ce n’est absolument pas le cas, divers protagonistes prennent part à l’histoire. On sent la patte d’une auteure de fantasy, ce qu’Anne Bishop est sans aucun doute, nul besoin de rappeler qu’elle est connue pour la Trilogie des Joyaux Noirs.

Humains et terra indigene se côtoient, se supportent sans réellement se comprendre, soit par peur, soit par intérêt. Les humains ne sont que des proies dans ce monde pour ces êtres mystiques, ils étaient là avant eux et s’adaptent à chaque génération de prédateurs, ils seront encore là bien après. Namid contient plusieurs continents (Thaisia, Brittanie…), une géographie bien spécifique avec une histoire propre, des jours de la semaine rappelant les éléments et des noms de villes très reconnaissables (Strassville, Bouseville…), des cartes et un prologue permettent de s’immerger dans ce nouveau lieu assez rapidement. De ce fait, il est tout public, il plaira au plus jeune comme au plus vieux, fille ou garçon y trouveront leur compte.

Si Anne Bishop ne revisite pas l’aspect des vampires, loups-garous & cie… elle apporte quelque chose de plus avec le personnage de Meg Corbyn (la quatrième de couverture en dit déjà trop). Elle m’a au départ fait penser à Alice Royale par son côté innocent, ingénu, soit totalement pur, et qui découvre autant les humains, que les terra indigene avec ses pauvres ‘images’ pour seul bagage. Son côté ‘chaton fragile’ aurait dû me faire fuir, ce n’est pas un personnage auquel je m’identifie, mais j’ai su l’apprécier pour sa particularité (en mettant de côté mon agacement que j’avais, de voir chaque Autre s’attacher à elle aussi facilement).

Les personnages sont intrigants (Simon, Tess plus particulièrement), bien développés et ont tous leur place. Même les flics ou les quelques longueurs ne m’ont pas freinée dans cette lecture. J’ai succombé à l’univers présenté par Anne Bishop, à son ambiance à huit-clos qui ne ressemble à aucune autre et plus particulièrement aux émotions distillées au long du livre, qui sont, son plus gros atout dans cette histoire. Grâce notamment à l’autre visage des êtres surnaturels qu’elle nous montre, une partie plus psychologique et animale qu’on n’a pas l’habitude de voir. Ils n’ont rien de séduisant et c’est ce qui fait leur charme, vraiment, ça leur donne du mordant (roh ce jeu de mots). Ce qui donne des occasions de glousser quand il y a ces petites remarques à la limite de l’humour noir et parfois même grimacer, tout n’y est pas édulcoré. La nature est belle, merveilleuse, mais tout aussi cruelle, à Lakeside c’est pareil.

Pendant que nous découvrons le dernier d’Anne Bishop, le tome 2 sort aux USA, et que de frustration, maintenant que j’ai terminé ce premier opus de ne pouvoir enchaîner. Certes, l’intrigue est simple, mais efficace ; il n’y a pas de romance comme dans toute bit-lit actuelle ; l’action est surtout en fin de tome et l’essentiel du roman se concentre sur les relations familiales, amicales — sur les émotions… mais quel premier tome, tellement addictif et différent !

L’avis de Calim : 8 / 10

L’intrigue de ce roman est un peu longue à se mettre en place et il faut bien passer les 150 premières pages avant que l’histoire ne commence réellement. Anne Bishop prend le temps de poser le décor, de créer le monde dans lequel vont évoluer Meg, Simon et Sam.

L’ambiance est sombre, secrète, presque étouffante, car l’Enclos des Autres obéit à ses propres lois et les humains n’y sont que tolérés. L’auteur nous propulse dans un huis clos où l’hiver et la neige, qui paralysent les déplacements des protagonistes dans cet espace restreint, renforcent le sentiment de confinement que l’on ressent.

En découvrant le personnage de Meg, j’ai retrouvé une partie du scénario de la série télévisée Le Caméléon (The Pretender 1996-2000), où Jarod, enfant prodige était enlevé par le Centre pour exploiter ses dons. Meg subit approximativement le même sort, sauf que c’est son sang qui est convoité. Elle est donc prisonnière d’une organisation qui fait payer à de riches notables, les entailles que les Sans-nom lui infligent pour qu’elle exprime des prophéties.

La situation d’esclave de sang de Meg ne peut pas laisser indifférent et, quand elle échappe enfin à ses tortionnaires, on espère qu’une chose, c’est qu’elle a définitivement gagné sa liberté. Mais dans sa fuite effrénée, elle se réfugie dans l’Enclos, territoire des Autres, pensant, à tort ou à raison, qu’au milieu des prédateurs, elle sera en sécurité.

Anne Bishop nous fait alors découvrir l’étendue de l’ignorance de Meg qui, jusqu’alors, n’a eu aucune expérience de la vie réelle. Elle est donc naïve, touchante de sincérité comme peut l’être un petit enfant. De tels traits de caractère pourraient rebuter, ils m’ont au contraire donné envie de faire partie de ceux qui protègent Meg pour que les Sans-nom ne la reprennent jamais.

Autres détails qui m’ont amusée, l’auteur distille des petits clins d’œil à la série de Jeaniene Frost, Chasseuse de la nuit. On retrouve donc un policier qui porte le prénom de Crispin, un vampire appelé Vlad et l’appartement où Meg emménage se situe avenue Crowfield.

Difficile de retrouver les incontournables de l’Urban-fantasy ou de la Bit-lit dans ce roman, car aucun des codes usuels ne s’y applique. Il y a bien des loups-garous, des vampires, des Elémentaires, des métamorphes, mais là s’arrête la ressemblance.

Le style d’écriture est fluide et facile à lire, le lecteur en retire beaucoup de douceur, malgré la cruauté qu’a pu subir Meg au cours de son enlèvement. Au fil des mots, Anne Bishop nous invite à réfléchir sur ce qu’est la tolérance, l’acceptation de la différence, le respect de l’innocence et la protection que les forts doivent aux plus faibles. J’ai été particulièrement réceptive à ce message et le personnage de Meg, tout en douceur, en gentillesse et en naïveté, m’a émue plus que ce à quoi je m’attendais.

J’ai hâte de découvrir la suite des aventures de Meg, de voir si elle va évoluer, grandir et devenir une femme avec des repères d’adulte, de savoir si ses poursuivants vont réussir à la rattraper ou si Simon et les Autres vont continuer à la protéger envers et contre tous.

Avis d’Eresh : 10/10

Meg Corbyn se retrouve seule, dans la neige, le froid, elle qui ne connaît rien du monde extérieur, sauf ce que ses visions ont pu lui révéler du monde. Elle s’est enfuie de l’institution qui la gardait enfermée, elle, une cassandra sangue, comme toutes les autres filles comme elle, dont les prophéties déclenchées par incisions de leur peau sont monnayées une petite fortune. Elle veut échapper au Contrôleur et à ses sbires, les Noms-qui-Marchent. Mais ce monde est dangereux, les humains ne le dominent pas, n’y vivant que parce que les Autres le leur permettent. Les Terra indigene, créatures de Namid (la Terre), s’accomodent difficilement des humains, ces singes bruyants juste bon à être mangés. Les deux espèces coexistent, mais les humains survivent uniquement selon le bon vouloir des Autres, les Loups, les Corbeaux, les Coyotes, les Faucons, les Sanguinati, sans parler de tous ceux inconnus des hommes.

Et voilà que Meg Corbyn se présente par une nuit glaciale, grelottante de froid, à la porte de Aux Bouquins Hurlants tenu par le chef de l’Enclos Simon Wolfgard, pour le poste à pourvoir d’agent de liaison. Dans l’Enclos, les lois humaines n’ont pas cours, et toutes celles et ceux qui enfreignent celles des Autres seront mangés. Mais au moins, Meg sera à l’abri…

Si j’avais pu mettre plus de 10, je l’aurais fait. J’avoue : c’est l’un des meilleurs livres de bit-lit/urban fantasy que j’ai lu. C’est un tel voyage ! Dès les premières pages, j’ai su que je ne parviendrais à décrocher. Tout est différent dans ce roman. L’auteure a su renouveler complètement le genre : l’histoire même du genre humain a été revisitée, et je ne vous parle pas des différents mythes dont la bit-lit raffole ! Les Loup-garous, et toutes les « extensions » -garous ne désignent pas vraiment ce dont les lecteurs du genre ont l’habitude. En un sens, on se rapproche de la conception indienne, avec l’incarnation du Loup, du Coyote, du Faucon etc… en tant qu’espèce différentes des animaux qui eux sont désignés sans majuscules. Les Autres peuvent prendre forme humaine (ou partiellement), bien que ce ne soit pas là leur préférences. Les Sanguinati quant à eux ont plus de points communs avec les vampires du genre, l’attirance pour les humains (et de ce fait les histoires d’amour) en moins. Aux yeux des Autres les humains ne sont que de la viande tolérée pour certaines de leurs inventions leur simplifiant la vie. L’histoire n’en est que plus riche, plus colorée, et plus inédite ! D’autant plus que le personnage de Meg est aussi atypique, humaine mais prophétesse, particularité qui la rend précieuse mais encore plus fragile : chaque entaille révélant une prophétie rapproche les cassandra sangue de leur mort, leur corps ne supportant qu’un nombre limité d’incisions. Humaine oui, mais innocente, car elle n’a connu que l’enfermement depuis sa naissance, où sa seule expérience du monde se limitait aux images qu’on voulait bien lui montrer afin qu’elle exprime correctement ses prophéties.

C’est un monde dur, impérieux, dans lequel on n’est pas sûr de sortir vivant. Anne Bishop dépeint avec brio et justesse un univers où les rôles sont inversés, où les humains sont à la merci de la Nature et non l’inverse, un monde où nous ne sommes que des proies et dont nous ne connaissons pas toutes les créatures qui nous épient à l’orée des bois.

C’est un livre incroyable, une histoire riche et puissante qu’il faut absolument lire ! C’est une vraie claque, comme je n’en avais pas ressentie depuis longtemps dans ce genre. Magnifique.

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