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Even Dead Things Feel Your Love, Mathieu Guibé

 

Even Dead Things Feel Your Love

Even Dead Things Feel Your Love

Titre: Even Dead Things Feel Your Love
Auteur: Mathieu Guibé
Date de sortie:01/03/2013
Éditeur: Éditions du Chat Noir
Genre: Gothique, Urban Fantasy
Pour qui: À partir de 15 ans
Pour commander (Amazon) :Cliquer ici

Résumé :

Au terme de votre vie, à combien estimez-vous le nombre de minutes au cours desquelles vous avez commis une erreur irréparable ? De celle dont les conséquences régissent d’une douloureuse tyrannie vos agissements futurs jusqu’au trépas. Mon acte manqué ne dura pas plus d’une fraction de seconde et pourtant ma mémoire fracturée me renvoie sans cesse à cet instant précis tandis que la course du temps poursuit son inaltérable marche, m’éloignant toujours un peu plus de ce que j’ai perdu ce jour-là. Je me demande si notre dernière heure venue, les remords s’effacent, nous délestant ainsi d’un bagage bien lourd vers l’au-delà ou le néant, peu importe. Puis je me souviens alors qu’il s’agit là d’une délivrance qui m’est interdite, condamné à porter sur mes épaules ce fardeau à travers les âges, à moi qui suis immortel. L’amour ne devrait jamais être éternel, car nul ne pourrait endurer tant de douleur.

L’avis de Dr M : 10/10

Josiah Eddington Scarcewillow est un homme solitaire. Son existence va prendre une tout autre tournure, lorsqu’il rencontre Abigale, une voisine. L’homme se sent « revivre ». Et alors qu’il s’apprêtait à vivre éternellement avec sa bien-aimée, le destin en a choisi autrement. Comment Abigale et Josiah vont-ils pouvoir continuer à s’aimer…

Ce roman est définitivement un coup de cœur.

L’écriture de Mathieu Guibé est simple, poétique et mélancolique. Elle colle parfaitement à l’atmosphère de l’univers dans lequel il nous invite.

Si vous cherchez de l’action, passez votre chemin. Vous n’en trouverez pas dans ce roman. On s’attache à la psychologie des personnages et surtout de Josiah. Ce n’est pas pour autant que le rythme est long et soporifique. Au contraire, tous les choix du personnage principal vont le conduire à agir de manière totalement logique. L’intrigue tourne autour de l’amour entre Josiah et Abigale.

Josiah est un vampire « old School ». Il se décrit comme un monstre, mais ce n’est qu’une apparence. Car malgré sa condition de buveur de sang, son cœur bat pour une jeune femme. Il est prêt à tout pour elle. La carapace se fissure et on aperçoit un peu d’humanité. Il se sent responsable de ce qui se passe et s’inflige une grande torture morale. Au début, c’est un personnage fort, déterminé, cruel et sombre. Mais, au fil des pages on le découvre comme mélancolique, et fragile. Ce n’est pas pour autant qu’il renonce à sa qualité de vampire. Il continue à se nourrir d’humains qui servent à la fois de distraction, mais aussi de garde-manger.

Abigale est une jeune femme typique du XIXe siècle. Elle succombe aux charmes du beau Josiah et pourrait le suivre jusqu’au bout du monde. Elle fera, elle aussi, preuve de grand courage allant même jusqu’à se sacrifier.

Rudolf, le majordome est un personnage que j’ai également beaucoup aimé. Il est au service de Josiah, il reste discret. C’est l’employé typique britannique. À la fin du roman, j’ai éprouvé beaucoup de peine pour lui.

Le roman est divisé en trois parties qui correspondent à trois époques dans lequel on retrouve Lord Josiah Scarcewillow. J’ai trouvé l’idée astucieuse, car elles permettent de voir que l’amour est éternel. De plus, cela donne différents éclairages sur les sentiments et sur les actions du personnage. J’ai trouvé qu’elles étaient ancrées dans les trois périodes où Josiah évolue.

On ressort de cette lecture avec un soupir. La tristesse nous habite.

En résumé, c’est une très bonne découverte et je vous invite vivement à vous plonger dans ce roman sombre et mélancolique.

L’avis de LouisGray : 9/10

J’ai terminé la lecture de EVEN DEAD THINGS FEEL YOUR LOVE de Mathieu Guibé à l’instant même.

Je vais d’abord parler de la couverture signée Alexandra V.Bach qui nous a proposé un habillage absolument merveilleux. L’objet livre est un des plus beau que j’ai dans ma bibliothèque (et croyez-moi, j’en ai des tas !). D’ailleurs, c’est la couverture qui m’a donné envie d’acheter et de lire ce roman que j’ai précommandé. Je salue donc le travail de l’illustratrice qui a su, avec brio, créer une couverture parfaitement en adéquation avec le roman.

Parlons enfin de ce qui nous intéresse.

Ce roman est un des plus beaux romans que j’ai lus ces derniers mois. J’ai la chance d’avoir une version dédicacée par l’auteur et j’en suis ravi parce que j’ai été littéralement charmé par la plume de Mathieu Guibé et par sa vision romantico-dramatique du vampire. Il se dégage de sa plume une sensibilité incroyable qui côtoie une barbarie insoutenable. Pourtant, rien ne choque ! À aucun moment, je me suis dit « Zut ! C’est gore là ! » Et croyez-moi, cela aurait pu… mais non !

Le style est très bon, riche et tantôt soutenu, tantôt moins. Les descriptions sont bien placées et utiles à la visualisation de l’histoire.

Si l’on aime les histoires d’amour chez les vampires, cela peut nous plaire. Mais j’aurais tendance à dire « Méfiez-vous ! Si vous aimez les visions toutes roses et charmantes, ce n’est pas pour vous ! » Car oui, Mathieu Guibé ne nous épargne aucunement dans cette histoire magnifiquement racontée. La solitude, la vision torturée du héros ainsi que toutes les successions d’obstacles font que nous en demandons toujours plus. L’auteur nous permet d’entrer facilement dans la tête de Josiah en nous montrant toute la douleur et la souffrance de ce vampire. Au fil des pages (et du temps qui passe), c’est l’image-même de Josiah qui change devant nos yeux. Du Dandy charmeur et plein de sensualité, il passe à la plus terrible des créatures qui existent. La déchéance du vampire en somme.

Les personnages. Comme d’ordinaire, je me prends d’affection pour des personnages secondaires, c’est pourquoi j’ai eu un coup de cœur pour Rudolf, le majordome. Ce roman n’est pas ce que j’appelle une réunion de personnages. Nous n’en avons que peu, mais cela se suffit amplement. Je regrette juste de ne pas en voir davantage de certains qui auraient peut-être pu apporter quelque chose de plus à Josiah Scarcewillow, notre héros (antihéros devrais-je dire !).

Je me suis pris d’une réelle affection pour Josiah à mesure que je tournai les pages du roman. Il est persuadé qu’être un vampire l’empêche de ressentir… ce qui est contradictoire, pourtant, avec la passion dévorante qu’il ressent pour Abigale. Lorsqu’arrive l’inacceptable, on sent bien qu’il souffre, mais étonnamment, dans sa tristesse infinie, il ne se rend pas compte que ce sont bel et bien des sentiments qu’il éprouve… Être un vampire n’empêche pas de ressentir ! Et on devra attendre qu’une personne importante le lui fasse comprendre clairement.

Avis tout à fait personnel, j’ai eu l’impression que EDTFYL n’est pas forcément une romance mélancolique où un vampire désespère de pouvoir vivre sans la femme qu’il aime. C’est cruel, certes, mais j’ai ressenti autre chose à la lecture du roman. Pour moi, c’est une sorte de quête. Qui est-il ? Qu’est-il ? Josiah lui-même n’a finalement, aucune idée de ce qu’il est, de qui il est et de ce qu’il est supposé faire sur cette terre. Sa rencontre avec Abigale va lui redonner cette vitalité humaine qu’il semblait avoir perdue… mais lorsqu’elle lui sera enlevée… il aura l’impression de tout perdre.

Josiah est prêt à tout pour Abigale, jusqu’à se damner pour elle.

La fin du roman est tout simplement inhumaine. Je n’ai pas pu en décrocher. Une plume poétique, charmante et très visuelle. Un récit intense, poignant et dévastateur pour ceux qui ont déjà connu la perte d’un être cher. Je me suis retrouvé, par instants, dans Lord Josiah Scarcewillow.

Merci à Mathieu Guibé pour son très beau roman. Je découvre sa plume, et j’en redemande.

Bravo aux Éditions du Chat noir pour une nouvelle réussite.

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