«

»

Entretien avec… Marika Gallman

Marika Gallman

Ce vendredi 18 mai, Milady publie le premier roman de Marika Gallman : Rage de Dents, le premier volet de la saga Maeve Regan.

Pour l’occasion, la jeune auteure suisse a bien voulu répondre à nos questions avec humour et spontanéité.

Notez que vous pouvez retrouver Marika lors de la convention Mystic Falls le week-end du 26 mai à Paris et au festival des Imaginales à Epinal du 30 mai au 3 juin.

FantasyGate : Comment est né le personnage de Maeve Regan ?

Marika Gallman : Un jour, on m’a prêté les Twilight, et je n’ai pas franchement accroché. Pour être honnête, j’ai détesté le personnage de Bella, trop gentille, si molle, si soupe au lait, qui a constamment besoin des autres pour être sauvée. Maeve a été pensée comme une antithèse. Pas spécialement facile à vivre, égoïste, presque trop indépendante, elle ne fait confiance à personne. Après, le mélange donne un résultat dix fois plus énervant que Bella, mais c’est ça qui m’a intéressée. Il était là, le vrai challenge. Prendre un personnage beaucoup trop dur et l’adoucir au fil des tomes, lui redonner de l’humanité, de la douceur. En général, on a un héros qui s’endurcit au fil de l’histoire à cause des événements auxquels il est confronté. J’avais envie de l’inverse pour elle. Plus elle bascule dans le surnaturel, plus elle devient humaine.

FG : Pourquoi avoir choisi de faire une héroïne avec un vocabulaire fleuri ? (Merde, Putain, etc. )

MG : Pour différentes raisons ! Déjà, elle aime penser qu’elle est une dure à cuire et — même si ce n’est pas vrai — que le regard des autres ne lui importe pas. Elle aime choquer, déranger, et montrer qu’elle n’en à rien à faire. Basiquement, ça fait aussi partie de son évolution. Ensuite, par souci de réalisme. J’entends jurer à longueur de journée que ce soit des amis, des collègues. C’est comme ça qu’on parle, c’est comme ça qu’on pense.  Les autres personnages ne jurent pas — ou de loin pas autant à haute voix —, mais on est dans la tête de Maeve, on suit ce qu’elle pense, elle. On essaie en général d’avoir un langage un peu plus châtié en littérature, mais bon, ce n’était pas Maeve. Et honnêtement, je n’ai jamais entendu personne s’exclamer : « Diantre, mon petit doigt s’est pris dans cet adorable meuble d’angle. Ce saligaud doit être doté d’un sonar à orteils ! »

FG : Quelles sont tes sources d’inspirations ?

MG : Ma mère a soudoyé une muse peu avant ma naissance. Par contre, elle n’avait pas assez d’argent pour que j’aie de l’inspiration ET un corps de rêve. Elle a fait le choix qui s’imposait. Je ne serai jamais top model, mais j’ai des idées sur tout et n’importe quoi depuis que je suis haute comme trois pommes. D’ailleurs, j’ai aussi arrêté de grandir à cette époque, pour raisons financières.

Rage de Dents

Plus sérieusement, cette question, ça doit bien être la bête noire des auteurs. Il est impossible de donner des sources d’inspiration. Je ne regarde pas quelque chose en me disant « Tiens, ça m’inspire ». Ça vient, c’est tout, et tu ne choisis pas quand ni comment. Je pourrais citer une liste longue comme le bras de films que je connais par coeur, de musique que j’écoute, mais ce sont des choses que j’aime, pas des sources d’inspiration. Après, en bonne schizophrène, je pourrais simplement répondre que des personnages viennent frapper à ma porte et me racontent leurs histoires, ce qui est la vérité, mais je n’ai pas envie que les prochains qui frappent soient des types en blanc qui m’amènent une camisole de force…

FG : Qu’est-ce que ça fait d’être la première auteure francophone de Bit-Lit/Urban Fantasy signée chez Milady ?

MG : Peur. Je pense que ça me fera vraiment plaisir et que je trouverai ça vraiment génial une fois que le livre sera sorti et que j’aurai évacué la pression que je me suis mise toute seule. D’ici là, j’ai surtout envie d’aller me cacher sous mon duvet et d’en sortir dans deux mois. Sinon, je trouve super qu’ils s’ouvrent aux francophones et donnent aussi leur chance à des livres qui n’ont pas déjà fait leurs preuves dans d’autres pays. J’espère d’ailleurs n’être que la première d’une longue liste.

FG : Que dirais-tu aux lecteurs pour qu’ils lisent ton livre ?

MG : S’il vous plaît, j’ai vraiment besoin de partir en vacances ailleurs qu’au camping de la Pichette, et, malgré toutes mes tentatives, l’Euromillions n’a rien donné.

Lien Permanent pour cet article : http://fantasy-gate.fr/site/entretien-avec-marika-gallman/