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Entretien avec … Alice Scarling

requiem pour sascha

A l’occasion de la sortie de Lacrimosa chez les Editions Milady le 23 mai, l’auteur Alice Scarling s’est prêtée à une courte interview. Nous les remercions chaleureusement.

FantasyGate (FG): Quel est votre premier souvenir dans les univers fantastiques (Livres, Séries, Film, etc.) ?

Alice Scarling (A.S.) : Waouh, il va falloir remonter loin pour ça. Pour être honnête, je n’ai pas de souvenir précis du moment où j’ai découvert l’existence des vampires, par exemple. Pour moi, ils ont toujours été là, d’aussi loin que je me souvienne. Alors mon premier souvenir dans les univers fantastiques, ça doit être des contes traditionnels ou quelque chose du genre, et le fantastique ne m’a jamais lâché depuis.

FG : Comment est née Lacrimosa ?

A.S. : À l’origine, c’est une idée simple qui m’a inspirée pour son pouvoir : avec des amis, on se posait la question de savoir ce que ça ferait de changer de sexe pour quelques heures ou une journée. « Si j’étais un mec, je ferais quoi ? » Alors j’ai commencé à réfléchir à celle qui est devenue Sascha. Je lui ai donné le pouvoir de posséder les gens qu’elle croise et je lui ai demandé ce que ça faisait. Je n’ai pas été déçue du voyage. Elle s’est mise à tout me raconter : comment ce pouvoir lui est utile, comment il lui pourrit la vie. C’est rapidement devenu bien plus que la réponse à cette question de départ. C’est devenu l’histoire de Sascha. Ce qu’elle a vécu, comment ça l’a changée pour toujours. C’est devenu son requiem.

FG : Qui est Sascha ?

A.S. : Orpheline, nonne, allumeuse, musicienne, tueuse de vampires… Sascha est exactement tout ça à la fois. C’est une fille que j’aime beaucoup mais bon sang, ça ne me plairait pas d’être dans ses Doc Martens. Elle croit contrôler sa vie, savoir ce qu’elle fait, être une badass quasi-invincible, mais elle est touchante aussi, paumée. Elle se cherche, elle fait des erreurs (qui lui coûtent cher), mais elle se relève toujours (plus ou moins). Et je crois que c’est ce que j’apprécie le plus chez elle. Elle encaisse, elle est insoumise et, malgré ses failles, elle continue d’avancer.

FG : Quel est votre processus d’écriture ?

A.S. : Mon processus d’écriture est un truc un peu foireux qui consiste à passer des plombes sur Facebook, 9gag, Twitter, m’en vouloir parce que j’ai perdu un temps précieux, ouvrir mon carnet sur lequel je note les idées qui me viennent à un moment incongru (dans le métro, dans la douche, partout sauf à mon bureau…), tout relire, organiser ça en fiches, vérifier s’il y a du nouveau sur 9gag, m’en vouloir encore un peu, répéter les opérations précédentes autant de fois que nécessaire… Bref, au bout d’un long et pénible processus, j’ai un synopsis détaillé qui tient la route. Une fois que j’obtiens ce résultat, je plonge dans l’écriture. J’arrête enfin de procrastiner et j’écris, j’écris, j’écris. Le plus souvent la nuit. En général, j’arrive à écrire le premier jet en un mois. Ensuite je recommence à procrastiner tout en révisant mon texte jusqu’à ce que tout soit en place, et comme je le souhaitais. (Ensuite, mon éditrice casse tout mais ça, c’est une autre histoire.)

FG : Lacrimosa est de « la bit-lit à la française ». En quoi est-elle différente avec l’anglo-saxonne ou l’américaine ?

© Copyright May Rohrer

© Copyright May Rohrer

A.S. : Je ne cherche pas particulièrement à « faire différent ». Je suis une grande fan de Patricia Briggs, Jeaniene Frost, Richelle Mead (pour ne citer qu’elles), je n’ai donc pas le souhait de m’en détacher à tout prix. Mais le simple fait d’écrire en français, d’avoir grandi dans un environnement différent du leur (de ne pas avoir le même âge non plus), fait que ma bit-lit n’est pas la leur. J’espère avoir réussi le pari compliqué de garder les qualités de la bit-lit qu’elles écrivent et que nous aimons, tout en lui apportant la fraîcheur d’un décor différent (Paris – et le reste de l’Europe – plutôt que les grandes villes américaines) et d’éléments culturels auxquels (je pense) des lectrices françaises peuvent s’identifier plus facilement. C’est subtil et distillé à travers le texte, donc difficile de faire une liste de ce qui change ou de donner des exemples précis.

FG : Doit-on obligatoirement mettre des scènes de sexe dans de la Bit-Lit ?

A.S. : Il n’y a aucune obligation à rien. Chacun écrit ce qu’il a envie d’écrire avec le niveau de détails qu’il souhaite, quel que soit le genre qu’il choisit. Il n’y a pas de recette précise. La bit-lit que j’aime lire (et par conséquent que j’aime écrire) se décline ainsi : une héroïne forte, un surnaturel intriguant et sombre, et un juste cocktail d’action, d’humour, de romance et d’érotisme.

FG : En combien de tomes prévu la saga Lacrimosa ?

A.S. : J’ai prévu mon premier arc narratif en trois tomes. Je suis d’ailleurs justement en train de traîner sur 9gag en me flagellant mentalement parce que je devrais être en train d’écrire le troisième. Sascha n’a pas encore tout à fait fini de me raconter son histoire, donc je ne sais pas où elle m’emmène exactement, mais c’est à peu près l’idée.

FG : Quel slogan collerait au mieux à votre premier tome ?

A.S. : Sexe, vampires et rock’n’roll !

FG : Quelles sont les trois musiques (titres, compositeurs, générique TV ou Film) qui résumeraient Lacrimosa et/ou votre personnalité.

A.S. : Houlà, vaste sujet ! Je suis accro à la musique. Il m’en faut tout le temps (pour écrire, pour sortir, pour dormir), je n’arrête jamais d’en écouter. Du coup, difficile de n’en choisir que trois… Disons que je pourrais « résumer » Lacrimosa avec Tiamat, Powerwolf et Covenant. (Si vous voulez un morceau par groupe : Teonanacatl, Werewolves of Armenia et Like Tears in Rain.)

(Cela dit, je posterai prochainement la playlist que j’ai écouté en écrivant Lacrimosa. Il y a une cinquantaine de morceaux qui vont du metal pur et dur à la musique classique (le Requiem de Mozart étant un incontournable) en passant par de la musique de film.)

FG : Merci Alice pour ces réponses.

A.S. : Merci FantasyGate pour cette interview !

Pour commander : [Format Broché]

Couverture : Lacrimosa  ©  Copyright Milady. Tous droits réservés.

Photo : © Copyright May Rohrer Tous droits réservés.

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